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{"id":21221,"date":"2026-02-19T17:25:01","date_gmt":"2026-02-19T17:25:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.maiamuller.com\/?post_type=exposition&#038;p=21221"},"modified":"2026-03-12T13:48:22","modified_gmt":"2026-03-12T13:48:22","slug":"jean-michel-fauquet","status":"publish","type":"exposition","link":"https:\/\/www.maiamuller.com\/en\/exposition\/jean-michel-fauquet\/","title":{"rendered":"Letters from a cardboard box in the Bronze Age"},"content":{"rendered":"\n<p>Jean-Michel Fauquet Gravir l\u2019invisible<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">\u00ab La morale \u00e9parse du monde c\u2019est l\u2019effort qu\u2019il fait peut-\u00eatrepour redevenir soleil. [\u2026]Partout un rayon frappe \u00e0 une porte obscure. \u00bb*<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">C\u00e9zanne<\/p>\n\n\n\n<p>Ils arrivent d\u2019ailleurs, ils viennent de loin, ils apparaissent dans le secret de la pratique quotidienne, par esquisses, par \u00e9bauches, par intrusion, comme des r\u00eaves produits \u00e0 l\u2019insu de soi-m\u00eame\u2026 Les dessins de Jean-Michel Fauquet deviennent ensuite des sculptures de carton puis apparaissent dans ses photos sous forme d\u2019objets comme les jalons po\u00e9tiques d\u2019une nuit cr\u00e9atrice, d\u2019une \u00ab autre sc\u00e8ne \u00bb (eine \u00ab Andere Schauplatz \u00bb) tel que Freud a d\u00e9fini l\u2019inconscient dans son livre \u00ab La Science des r\u00eaves \u00bb. Une sc\u00e8ne active, productive, libre mais dont l\u2019acc\u00e8s est inconnu, inattendu, onirique, insaisissable. Aussi Jean-Michel Fauquet est-il en \u00e9veil, jamais en embuscade. Il se laisse surprendre. Les formes sont \u00e9nigmatiques, alors il les apprivoise en les sculptant puis en les mettant en sc\u00e8ne dans une th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 fragile et \u00e9vanescente. Une photographie en ouvre le destin. Mais pour \u00ab tuer l\u2019image \u00bb, comme il l\u2019\u00e9nonce, et \u00ab la rendre aux myst\u00e8res de l\u2019invisible \u00bb, il travaille le tirage, le surmod\u00e8le \u00e0 la cire, \u00e0 l\u2019huile, aux rehauts de peinture. Un monde autre se fait jour. Ce monde contient certaines accointances surr\u00e9aliste et dada\u00efste mais il est singuli\u00e8rement tout en gravit\u00e9. \u00ab Les choses sont graves, alors il faut gravir \u00bb, dit-il. Prendre de la hauteur peut-\u00eatre mais surtout donner du poids \u00e0 une forme. Et ce poids est hybride : il se pr\u00e9sente en deux dimensions sur la photographie mais est, par essence, un espace en trois dimensions. Chez lui, la photographie d\u00e9tient la sculpture et semble aspirer \u00e0 la lib\u00e9rer vers des formes propices au tactile, \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience des corps, aux intensit\u00e9s mat\u00e9rialis\u00e9es. En ce ce sens, le travail de Jean-Michel Fauquet est ami de celui de l\u2019Am\u00e9ricain Richard Serra et de ses sculptures monumentales qui sont des volum\u00e9tries de sentiment, des pesanteurs en \u00e9quilibre. Jean-Michel Fauquet, quant \u00e0 lui, sculpte les objets du hors-temps, leur densit\u00e9 imaginaire agit comme des centres d\u2019\u00e9nergie r\u00e9elle. \u00ab Je fais des signes pour le th\u00e9\u00e2tre de votre vie \u00bb, dit-il en pr\u00e9cisant que l\u2019on trouve dans ses photos ce qu\u2019on y apporte, m\u00eame sans le savoir. Elles d\u00e9tiennent en effet un pouvoir de r\u00e9v\u00e9lateur, d\u2019apparition. Plusieurs exp\u00e9riences ont donn\u00e9 au monde de Jean-Michel Fauquet ses jonctions avec l\u2019invisible. Il y eut dans l\u2019enfance b\u00e9arnaise, les r\u00e9fugi\u00e9s espagnols fuyant \u00e0 pied la dictature de Franco arrivant soudain du ciel, sur la cr\u00eate montagneuse des Pyr\u00e9n\u00e9es. Surtout, il y eut ce coll\u00e8ge-pension pr\u00e8s de Bordeaux o\u00f9 la discipline tenait lieu d\u2019id\u00e9al p\u00e9dagogique. Il fallait braver risques et p\u00e9rils pour sortir, la nuit, du dortoir, se rendre au grenier avec quelques camarades adolescents et, l\u00e0, voir appara\u00eetre l\u2019inesp\u00e9r\u00e9 : la libert\u00e9. Elle se mat\u00e9rialisait par la gr\u00e2ce d\u2019un objet rudimentaire du d\u00e9but de la photographie, le d\u00e9nomm\u00e9 \u00ab ch\u00e2ssis-presse \u00bb. C\u2019est un petit instrument dans lequel coincer un morceau de papier photo-sensibilis\u00e9 au nitrate d\u2019argent, l\u2019\u00e9clairer et attendre l\u2019apparition d\u2019une forme inattendue. Venue de la lumi\u00e8re. La libert\u00e9 des yeux v\u00e9cue dans cet environnement de contraintes a inscrit l\u2019imagination du c\u00f4t\u00e9 de la vraie vie et l\u2019inconnu du c\u00f4t\u00e9 du d\u00e9sirable. Ainsi se dessine le chemin vers l\u2019art. Les destinations de Jean-Michel Fauquet sont vastes. Cependant, sa pratique requiert le coutumier car il utilise les appareillages encombrants des d\u00e9buts de l\u2019histoire de la photographie, la chambre, le soufflet\u2026 Mais le coutumier n\u2019emp\u00eache certainement pas le cosmique. Jean-Michel Fauquet en arpente les g\u00e9om\u00e9tries et en restitue certaines mesures vives et \u00e9thiques. Car ses photographies sont une mani\u00e8re de lutte contre l\u2019enlisement. Il offre \u00e0 la lourdeur des possibilit\u00e9s d\u2019inspiration, donc d\u2019envol vers la cr\u00e9ativit\u00e9. \u00ab Le travail humain, c\u2019est se reconstruire \u00e9ternellement \u00bb, avance-t-il. Ses \u0153uvres en disent les affres et les \u00e9lans.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><br>Annabelle Gugnon<\/p>\n\n\n\n<p>Annabelle Gugnon est psychanalyste et critique d&rsquo;art. Elle a \u00e9t\u00e9 journaliste pour Beaux-Arts et collabore r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 Art Press.<\/p>\n\n\n\n<p>*Joachim Gasquet, \u00ab C\u00e9zanne \u00bb, \u00e9d. Encre Marine, 2002.<\/p>\n","protected":false},"featured_media":21223,"template":"","meta":{"_acf_changed":false},"tags":[6],"class_list":["post-21221","exposition","type-exposition","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","tag-passees"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.maiamuller.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/exposition\/21221","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.maiamuller.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/exposition"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.maiamuller.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/exposition"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.maiamuller.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/21223"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.maiamuller.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=21221"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.maiamuller.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=21221"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}