Le collage implique des gestes liés à la sculpture. À partir d’une matière préexistante – des archives de tous types, des images imprimées, du texte, des objets et matériaux bruts – les artistes décontextualisent, manipulent, prélèvent et découpent des fragments de cette matière. Ces derniers sont assemblés entre eux de manières plurielles. Collés, agrafés ou cousus les matériaux sont réunis par un geste de greffe qui va engendrer des images ou des objets monstrueux. Le collage est un corps monstre, un corps politique. « L’ordre broie les machines désirantes qui meuvent la corporalité. Le pouvoir gère de manière induite mais permanente l’intime et la gestion de la personne. » 1
L’œuvre résultant d’un collage implique ainsi une étrangeté, une anomalie, une malformation, une différence provoquée par un refus de conformation, une volonté de rendre visible, de montrer, ce qui dérange, déforme, défigure et transforme. Par lui, les artistes modernes et actuel.les dissèquent et déstructurent les matériaux préexistants pour générer de nouvelles images, de nouveaux corps, de nouveaux récits, de nouveaux écosystèmes.
Julie Crenn
Extrait du texte Cut & Paste par Julie Crenn.
1 MARTINEZ, Aurélie. Images du corps monstrueux. Paris : L’Harmattan, 2011, p.9.









