Le Patron
Myriam Mihindou
04.05.2023 - 06.06.2023

« Le patron est un concept qui me permet de créer, de démultiplier.
Comme dans le principe de la Langue Secouée, cette matrice me permet de
construire un univers.
Je peux déplacer, rester dans le mouvement.
Je crée des associations de formes et de mots.»
Myriam Mihindou

« Avec l’utilisation de papiers trempés dans du thé au citron ou des infusions d’hibiscus, différentes sortes de sels et de sables, comme ailleurs la sueur et les larmes, c’est principalement un univers liquide qu’elle évoque. Flux, coulures, courants et dispersions: une mécanique des fluides qui concerne aussi bien la géophysique que le corps humain. les draps boursouflés renvoient à des limons de fonds de rivière, les coutures forment des veines ou des scarifications, les poches de sable s’apparentent à des reins. »

« C’est cette profonde humilité qui caractérise son travail. Une humilité d’ailleurs prise dans son sens étymologique, dérivée de l’humus, la terre. une expérience de corps à corps, entre le sien et celui de l’œuvre, qui passe par un processus d’immersion. »

Guillaume Désanges, journal de la Verrière n°30, Caresser toutes les courbes de l’existence, exposition Myriam Mihindou ÉPIDERME, Fondation d’entreprise Hermès, Bruxelles, 2022, p.6-7

BIOGRAPHIE


Myriam Mihindou, née en 1964 à Libreville au Gabon, est lauréate du prix Nouveau Regard AWARE en 2022. L’artiste franco-gabonaise a étudié l’architecture et les arts plastiques, en passant notamment par l’école des Beaux- Arts de Bordeaux (France).
Elle travaille avec une grande diversité de médiums, tels que la performance, l’art textile, le dessin, l’installation, la vidéo, la photographie et les porosités entre ces différents espaces d’expression.
En expérimentant avec les textures et les matières, qu’elle se plaît à infuser, tordre, juxtaposer, coudre ou encore creuser, Myriam Mihindou mène une recherche sur le soin, le rituel et la mémoire du corps. Elle se nourrit de l’expérience physique et mémorielle des lieux qu’elle traverse et puise dans les langues, les histoires et les savoirs pour mettre au jour la part cathartique de la création artistique. Ses œuvres ont récemment été exposées au Centre Pompidou (Paris, France), au Centro Atlantico de Arte Moderno (Las Palmas, Canaries), au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia (Madrid, Espagne), au Museum für Moderne Kunst (Francfort, Allemagne) et au Contemporary Arts Center (Cincinnati, États-Unis).

SÉLECTION D’EXPOSITIONS PERSONNELLES ET COLLECTIVES RÉCENTES

2022 Le Grand Désenvoûtement, chapitre 1, les 20 ans du Palais de Tokyo. Palais de Tokyo. Paris. Commissariat : Guillaume Désanges
De toi à moi, Fondation Fiminco, Romainville. Commissariat : Jennifer Flay
Épiderme, La Verrière, Fondation d’entreprise Hermès, Bruxelles. Commissariat : Guillaume Désanges
«El teatro de la memoria», Centro Atlantico de Arte Moderno, Las Palmas, Grande Canarie, (Canaries)
«Globalisto. A Philosophy in Flux», musée d’ Art moderne et contemporain, Saint-Etienne, (France)

2021 «La Déconniatrie», Les Abattoirs, Toulouse, (France); Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia, Madrid, (Espagne) ; American Folk Art Museum, New York (Etats Unis) «le Silo», Transpalette, Bourges (France)
«EX AFRICA», musée du quai Branly – Jacques Chirac, Paris, (France)
«Absalon, Absalon», IVAM Valencia, Valence, (Espagne); CAPC Bordeaux, (France)

2020 «Monographie Ernest Mancoba», Centre Pompidou, Paris, (France). Itinérance Södertälie Kommun, Södertälje, (Suede)
«Possédé.es», MO.CO., Montpellier, (France)
2019 «Confinement, Politics of Space and Bodies», Contemporary Arts Center, Cincinnati, (États-Unis)
«Khamsa», A cent mètres du monde, Centre d’art contemporain, Perpignan, (France)
2018 «Aucun de ses os ne sera brisé», galerie Saint-Séverin, Paris, (France)
«Poétique du geste», La Graineterie, Houilles, (France)